Reuters Institute : 14 résultats clés du Rapport 2017 sur les informations numériques

août 8, 2017 • Articles récents, Derniers articles, Les infos du numérique • by

Médias sociaux

L’Internet et les médias sociaux ont peut-être exacerbé la faible confiance du public dans les médias et les «fake news», mais dans de nombreux pays, le manque de confiance est motivée par une polarisation politique profondément ancrée et un parti-pris supposé des médias dominants, révèle le rapport 2017 sur les informations numériques ( Digital News Report) élaboré par Reuters Intitute (Université d’Oxford).

Le rapport, basé sur un sondage auprès de 70 000 personnes dans 36 pays, constate également que les «chambres d’écho» et les «bulles de filtres» des médias sociaux existent pour certains, mais en moyenne, les utilisateurs de médias sociaux, d’agrégateurs et de moteurs de recherche connaissent plus de diversité dans les médias que les non-utilisateurs.

Les perspectives économiques pour la plupart des entreprises médiatiques restent extrêmement difficiles, mais il y a des motifs d’optimisme. Le développement du blocage des annonces a cessé alors que le nombre d’abonnements en ligne pour les informations ainsi que les dons en faveur des médias sont en augmentation dans certains pays.

Les groupes de discussion sur les informations numériques indiquent qu’à l’avenir, davantage d’utilisateurs pourraient être prêts à payer pour les informations, si le contenu est suffisamment précieux, utile et pertinent.

14 résultats clés

  1. La croissance des informations sur les médias sociaux s’effondre sur certains marchés, car les applications de messagerie qui offrent plus d’intimité deviennent plus populaires. L’utilisation de ‘WhatsApp’ pour les informations commence à rivaliser avec Facebook sur plusieurs marchés dont la Malaisie (51%), le Brésil (46%) et l’Espagne (32%)
  2. Seulement un quart (24%) de nos répondants pensent que les médias sociaux font un bon travail en séparant le fait de la fiction, contre 40% pour les médias d’informations. Les données qualitatives suggèrent que les utilisateurs ressentent la combinaison du dérèglement des médias sociaux avec les algorithmes viraux encouragent la propagation rapide de la mauvaise qualité et des «fake news ».
  3. Il existe de grandes variations de confiance dans les 36 pays. La proportion de ceux qui déclarent faire confiance aux informations est la plus élevée en Finlande (62%), et la plus faible en Grèce et en Corée du Sud (23%).
  4. Dans la plupart des pays, le sondage révèle une corrélation forte entre la méfiance envers les médias et la perception de leur partialité politique. Cela est particulièrement vrai dans les pays à forte polarisation politique comme les États-Unis, l’Italie et la Hongrie.
  5. Près d’un tiers de notre échantillon (29%) déclarent qu’ils évitent souvent ou parfois délibérément les informations. Pour beaucoup, c’est parce que cela peut avoir un effet négatif sur leur humeur. Pour d’autres, c’est parce qu’ils ne font pas confiance à la véracité des informations.
  6. L’utilisation des supports mobiles continue de croître, dépassant l’accès aux informations par les ordinateurs dans un nombre croissant de pays. Les notifications d’informations mobiles ont connu une augmentation significative au cours de la dernière année, en particulier aux États-Unis (jusqu’à 8 points de pourcentage par rapport à 2016), en Corée du Sud (+7) et en Australie (+4), devenant un nouvel accès important pour le contenu. La croissance des notifications des informations  mobiles a stimulé de nouvelles applications.
  7. Dans un développement connexe, il y a eu une croissance significative dans les agrégateurs d’informations mobiles, notamment ‘Apple News’, mais aussi ‘Snapchat’ et ‘ Discover’ pour les publics les plus jeunes. Les deux ont doublé leur taux d’utilisation avec leurs groupes cibles l’année dernière.
  8. Les Smartphone sont maintenant aussi importants pour accéder aux informations à l’intérieur de la maison qu’à l’extérieur. Plus d’utilisateurs de Smartphones ont maintenant accès aux informations au lit (46%) que pendant le trajet de travail.
  9. Les assistants numériques à activation vocale comme ‘Amazon Echo’ apparaissent comme une nouvelle plate-forme pour les informations, dépassant déjà les montres intelligentes aux États-Unis et au Royaume-Uni.
  10. En ce qui a trait aux abonnements aux informations en ligne, nous avons vu une «trump bump» très importante aux États-Unis (de 9 à 16%) avec un triplement des dons. La plupart de ces nouveaux paiements proviennent des jeunes, un correctif puissant à l’idée que les jeunes ne sont pas prêts à payer pour les médias en ligne, sans parler des informations.
  11. Dans tous les pays, un peu plus d’un utilisateur sur dix (13%) paie pour des informations en ligne, mais certaines régions (Nordiques) font beaucoup mieux que d’autres (Europe du Sud et une grande partie de l’Asie).
  12. La croissance des blocages publicitaires s’est stabilisée pour les ordinateurs de bureau (21%) et reste faible sur les Smartphones (7%). Plus de la moitié des répondants affirment avoir désactivé temporairement leur bloqueur de publicité dans des pays comme la Pologne (57%), le Danemark (57%) et les États-Unis (52%).
  13. Une recherche menée auprès de plus de 2 000 répondants au Royaume-Uni a révélé que la plupart se souviennent du chemin par lequel ils ont trouvé une information (Facebook, Google, etc.), mais que moins de la moitié pouvaient se rappeler du nom du média lui-même.
  14. Les Autrichiens et les Suisses sont les plus attachés aux journaux imprimés, les Allemands et les Italiens aiment les journaux télévisés, tandis que les Latino-Américains obtiennent plus d’informations via les médias sociaux et les applications de chat que d’autres parties du monde.

Remarque : Cet article a été publié la première fois sur la version anglaise de l’Observatoire Européen du Journalisme (EJO) et traduit par Yosr Belkhiria.

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